63. HEY ! LES SOLDATS ! Connaissez-vous la rumeur au sujet de certains de vos capitaines ?
Nous sommes à moins d'une semaine du départ des troupes du régiment de Carignan-Salières de Marsal pour la traversée de la France. Il y a encore des recrues qui en route s'intégreront au régiment. La création de ce régiment a nécessité l'apport de soldats de nombreuses provenances.À ma connaissance, la meilleure étude sur ce sujet est celle de Bernard Quillivic sur son site www.migrations.fr.Je me dis que décrire la formation de ce régiment serait un excellent projet pour un auteur, un historien ou la thèse d'un doctorant. Néammoins nous connaissons des critères pour l'acceptation de soldats au dit régiment . Un premier est qu'il s'agit d'un volontariat. Il n'y a pas pour le moment la conscription, l'obligation de s'enroler. Il faut avoir 16 ans mais des capitaines passeront outre et prendront des jeunes de 14-15 ans. On exige une taille minimale de 5 pieds et 3 pouces (1 mètre 60) ce qui était à l'époque une taille proche de la moyenne.Il faut être célibataire et en bonne santé.L'appartenance religieuse ne semble pas être un critère de refus puisque plusieurs soldats seront de confession protestante.Mais ces protestants qu'on surnomme huguenots (mot d'origine allemande signifiant confédéré)seront obligés de se convertir au catholicisme à leur arrivée en Nouvelle-France. On comprend que dans la colonie la contre-réforme avait été bien assimilée et imposée par le clergé: évêque et communautés religieuses dont particulièrement les Jésuites (voir blogues 23-24).Enfin, un critère d'importance est que les soldats s'engageaient pour un terme de 18 mois auquel s'ajoutera plus tard un autre de douze mois.Il n'était pas mentionné qu'arrivé dans la colonie on encourageait les soldats à s'y établir. Une politique que la Rome antique avait appliqué avec ces légions de soldats autour de la Méditerranée et cela avec un certain succès.Et c'est quoi ces rumeurs ? D'une part, il y a le plus souvent des nouvelles démoralisantes comme la longue et difficile traversée de l'Atlantique, le long hiver rigoureux de la colonie, la cruauté et l'habilité guerrière des Iroquois, l'isolement de la famille, des amis en fait une espèce de confinement comme on en vit aujourd'hui avec le virus Covid-19. Mais en plus de ces difficultés physiques et psychologiques, s'ajoutaient pour les officiers des désavantages comme l'absence de permissions de congés ou visites et celles des promotions.Il y avait alors une rumeur qui rapportait que des officiers avaient demandé d'être dispensés de servir dans ce régiment. L'autorité royale refusera alors la plupart de ces demandes de dispenses dont celle du capitaine Pierre de Saurel.
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